Par Dudule, Gontran, Barnabé, Cosette et petite Yvonn
Samedi 8 août 2009

    Les boutiquiers de l'Assemblée Nationale ne lésinent pas sur les confiseries. C'est que la clientèle électorale risque toujours de préférer les comptoirs de la concurrence : alors adieu prébendes, médias, valets, médailles ! Dans un rapport parlementaire sur les questions de société, ou plutôt sur le moyen de faire de meilleures recettes, le député-maire Mariton de l'UMP encourage ses collègues à intensifier la distribution de sucres d'orges à cette population bon enfant qu'il convient d'éduquer aux vraies valeurs :

    "Il ne faut pas se poser en défenseur du statu quo..." Premier objectif, "gagner la bataille de la rhétorique : plutôt que de critiquer le blocage des facultés, promouvoir la liberté d'enseigner et de recevoir un enseignement... ; plutôt que de donner l'impression qu'on s'oppose à la liberté des femmes qui veulent recourir à la gestation pour autrui, mettre en avant la protection de l'enfant et la dignité de la mère porteuse..."

    On l'aura compris, l'enjeu est d'avoir l'air "moderne". L'opinion publique ne doit pas assimiler le parti de l'UMP à un parti réactionnaire. L'UMP doit donc devenir l'Union pour un Mensonge Populaire : il s'agit de simuler l'amour du progrès et de la liberté. Le tour de magie consiste à faire passer la stabilisation, voire le retour des bonnes vieilles valeurs du passé (travail, famille, soumission pleine et entière à l'Etat...) pour de l'innovation et de la politique futuriste. L'ancien monde doit être fardé par des slogans et des discours pour revêtir les belles apparences du monde libre de demain. 

    Le problème de la cosmétique, c'est qu'il y a du démaquillant. Et si on décolle un peu ce fard verbeux de la peau sociale qu'il est censé purifier et régénérer, qu'est-ce qu'on trouve ? Une série d'aberrations, qui valorisent le bruit de la liberté, protection, dignité pour tuer la liberté, la protection, la dignité réelles ; une entreprise de démolition des choses par leurs noms, un travail de sape des fondements démocratiques grâce aux explosifs des discours médiatiques. La liberté d'apprendre et d'enseigner est-elle vraiment contrariée par les protestations d'étudiants occupant l'université ? Ou n'est-ce pas plutôt la liberté d'apprendre et d'enseigner tout de suite, hic et nunc, qui est bloquée par des manifestants revendiquant pour toujours la liberté d'apprendre et d'enseigner, non un savoir marchand soumis à la loi de l'offre et de la demande, mais un savoir authentique soumis aux exigence de la vérité scientifique ? 
     Tout l'art de ce discours cosmétique consiste, visiblement, à occulter les problèmes, à dissoudre dans le néant du discours une partie de la réalité sociale. De même que l'objectif des revendications étudiantes doit être passé sous silence, sans quoi il serait difficile d'expliquer en quoi il nuit aux libertés des étudiants extérieurs au mouvement ; de même la question de savoir quels enfants on protège en interdisant la gestation d'un embryon par
une mère salariée ne doit pas affleurer. Comment peut-on dire qu'on protège ces enfants-là parce qu'on les empêche, justement, de naître ? Protéger l'enfant, c'est lui interdire de vivre ? 

Communauté : La Cyber-résistance - Recommander - Publié dans : Croyances, valeurs, us et coutumes
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