Par Barnabé
Lundi 27 avril 2009


    Que s'est-il passé récemment à Strasbourg ? S'en souvient-on ? Des milliers de Strasbourgeois ont acclamé les chefs d'Etat occidentaux venus fêter l'Otan. La liesse était telle que j'ai vu des gens pleurer de joie après avoir sucé la cravate d'un diplomate américain perdu.  

     Que s'est-il passé à Strasbourg ? Le regrette-t-on ? "Les forces de police ont été exemplaires" (Ministère de l'Intérieur). Les Strasbourgeois ont été "à la hauteur" (foi d'Ammeister Ries) : " Sie erlebten in ihrem Alltag beträchtliche Einschränkungen, und waren dem Ereignis gewachsen". Le Strasbourgeois pourrait retourner le compliment : vous aussi, braves gens du ministère et de l'hôtel de ville, vous aussi vous fûtes "grands comme l'événement" ! 

    Les médailles seront distribuées sur le perron de l'hôtel de ville à une date encore indéterminée.

 

    Mais que s'est-il donc passé à Strasbourg pour qu'il y autant de héros ? Quelles prouesses ont été faites ? Quelles victoires pour ces braves ? Un hôtel, une pharmacie et un poste de douanes ont brûlé au bord du Rhin. La police enquête. Mais que cela n'empêche pas de vider le caisson de champagne.  

    Il faut dire que le descendant de Vercingétorix et roitelet des Gaules n'a pas entendu une seule injure pendant son séjour. L'opposition, perplexe, assure qu'il n'a trouvé personne sur son chemin sinon des individus fanatisés, issus de sa mouvance extrémiste et fiévreusement amoureux de lui. Cette thèse ne tient pas un instant. Le descendant de Vercingétorix a  été accosté pendant son footing par un individu mâle, de race caucasienne, d'identité nationale bien française, et qui lui a demandé un autographe devant une caméra se trouvant là par hasard. Cet enthousiasme pour la personne du chef de l'Etat confirme que les Strasbourgeois ont été "exemplaires" et "grands comme l'événément".  

    Oui, les Strasbourgeois furent des citoyens exemplaires. Ils n'ont pas protesté quand la tyrannie est venue ; ils ont laissé détruire sans murmure, non pas un hôtel, une pharmacie ou un centre douanier, mais les libertés les plus chères, les unes après les autres. Droit d'aller, de venir ; droit d'expression, droit de réunion, droit de manifestation, droit à la sécurité des biens et des personnes ; tous ces droits ont été sacrifiés, démolis, suspendus.  Et pourquoi ? Pour permettre au roitelet des Gaules de palper l'arrière-train de son épouse à l'ombre de la cathédrale de Strasbourg au milieu de dix mille hommes en armes, pendant que la vieille chancelière de Prusse ronflait sous un chapiteau de cirque à Kehl et que le messie des Amériques faisait son show - l'opération s'est déroulée à merveille ; la fesse a été tâtée, le ronflement entendu, le show réussi, les Strasbourgeois, la police, tout le monde a été "exemplaire".   

Communauté : La Cyber-résistance - Recommander - Publié dans : Chroniques d'Alsace
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