Les partis politiques devraient être
interdits dans une démocratie. Une assemblée de citoyens libres, débattant tour à tour, sans partis interposés, sans tyranneaux autoproclamés "secrétaire général"
ou "député", voilà notre modèle, notre idéal, notre salut.
Il suffit de ces chicaneurs, de ces tribuns décervelés, qui prétendent "représenter" d'autres hommes, c'est-à-dire parler au nom d'un groupe alors qu'un groupe par définition
n'a pas de pensée propre ; il suffit de ces chefaillons et de leurs partisans qui prennent l'activité politique pour une prébende ou pour un sacerdoce.
Assez de ces campagnes électorales aux relents d'Evangiles ! Assez de ces nigauds qui, au lieu de réfléchir, font beaucoup de réunions pour se persuader qu'ils
ont raison, et que les autres ont tort. Ce genre d'illuminés, nous n'en voulons pas. Qu'ils aillent prier pour nous s'ils veulent, mais dans un monastère lointain.
Le bien commun n'est pas chose qu'on fabrique à l'usine, entre professionnels, sous la houlette d'un "secrétaire général". La démocratie, ce n'est pas de parler au nom des
autres ; c'est de parler en son nom propre, et de déclarer fort, après délibération commune : "Voilà ce que je pense, ce qui est bon et utile pour nous tous, et ce que je soutiendrai de
toutes mes forces". Tout le reste n'est qu'affabulations - y compris ces séances de "démocratie participative", bel euphémisme s'il en est !